L’Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) occupe une position centrale dans le dispositif d’inclusion scolaire. Pourtant, le cadre légal et réglementaire qui régit leurs missions demeure souvent méconnu, exposant ainsi ces professionnels à des sollicitations inadaptées ou à des abus involontaires. Entre attentes institutionnelles et pression du terrain, la question des tâches interdites reste un enjeu quotidien. Cet article propose une analyse structurée, fondée sur la circulaire n°2017-084, afin d’aider chaque AESH à défendre ses droits et à mieux cerner les frontières de son métier.
Le contexte légal et les missions officielles de l’AESH
La fonction d’accompagnement individualisé de l’élève en situation de handicap repose sur un cadre légal précis. La circulaire n°2017-084, référence essentielle publiée en juin 2017, définit clairement le périmètre des missions attribuables aux AESH, tout en délimitant strictement les activités proscrites. Cette réglementation vise à garantir la qualité de l’accompagnement, mais aussi à protéger l’intégrité professionnelle des AESH face aux dérives potentielles.
Selon la législation, l’AESH agit sous l’autorité pédagogique directe de l’enseignant et intervient exclusivement pour favoriser l’autonomie et la participation scolaire des élèves accompagnés. Le périmètre d’action exclut formellement certaines tâches, souvent sources de confusion ou de pressions indues au sein des établissements scolaires.
L’encadrement institutionnel et les textes de référence
En complément de la circulaire n°2017-084, l’article D351-13 du Code de l’éducation précise que l’AESH ne peut se substituer ni aux enseignants, ni au personnel médical, ni aux psychologues scolaires. Ce principe fonde l’ensemble des limites professionnelles et permet d’identifier sans ambiguïté ce qui relève des missions interdites.
Les rectorats rappellent régulièrement l’importance du respect de ces frontières fonctionnelles pour préserver la cohérence du système éducatif et la sécurité juridique des intervenants. Ainsi, un refus opposé à toute demande hors mission s’appuie sur des textes officiels clairs et reconnus. Pour approfondir la compréhension de la manière dont l'environnement externe influence les structures éducatives et le secteur public, il est utile de consulter des outils d'analyse stratégique tels que l’analyse PESTEL appliquée à l’environnement externe, qui offre un éclairage méthodologique sur l’évaluation des opportunités et menaces pour les organisations.
Champ d’action autorisé : distinction avec les zones d’exclusion
Le cadre légal circonscrit l’intervention de l’AESH autour de trois axes majeurs : aide humaine à l’accès aux apprentissages, soutien à la communication et aux interactions sociales, et accompagnement matériel spécifique adapté à l’élève suivi. Toute sollicitation extérieure à cet ensemble entre dans la catégorie des missions interdites ou nécessitant une vigilance particulière, notamment si la responsabilité civile ou pénale de l’AESH est engagée.
Délimiter précisément le champ d’action permet d’éviter les confusions de rôle et d’instaurer un climat professionnel sécurisé, tant pour l’AESH que pour l’établissement employeur.
Liste exhaustive des missions interdites aux AESH
La distinction entre le métier d’AESH et ceux d’autres personnels de l’Éducation nationale est parfois floue sur le terrain, générant des débordements. Pourtant, la liste des tâches interdites figure explicitement dans la réglementation. Il s’agit d’un point de vigilance essentiel, notamment concernant la santé, les tâches administratives et l’exercice de l’autorité disciplinaire.
Identifier et nommer ces actions proscrites permet non seulement de limiter les risques, mais aussi de renforcer une posture professionnelle respectueuse du cadre légal et réglementaire. Voici les principaux domaines concernés.
Surveillance et encadrement des élèves : où s’arrêtent les responsabilités ?
Un AESH n’est pas surveillant scolaire. Il n’a jamais la charge exclusive d’un groupe d’élèves et ne peut assurer la surveillance générale lors des récréations, des temps de cantine ou en dehors des moments directement liés à l’accompagnement individualisé. L’encadrement autonome d’une sortie scolaire ou d’une activité collective est également interdit, sauf si cela concerne uniquement l’élève accompagné.
Céder à la pression pour assumer la surveillance expose à des risques juridiques, particulièrement en cas d’incident impliquant des tiers ou en l’absence d’un enseignant responsable. Ces situations sortent du périmètre fixé par la circulaire n°2017-084.
Soins médicaux, actes paramédicaux et administration de médicaments
L’administration de médicaments, la réalisation de gestes médicaux comme le sondage, l’aspiration ou la mesure de glycémie sont strictement prohibés, même en présence d’une demande écrite des familles ou de l’équipe éducative. Ces interventions relèvent exclusivement du personnel médical qualifié.
Face à une urgence médicale, le réflexe attendu de l’AESH est d’alerter immédiatement les secours et de prévenir l’équipe éducative, sans tenter d’effectuer un soin, faute de quoi sa responsabilité pénale pourrait être engagée.
Tâches administratives et obligations connexes
La réalisation de photocopies massives, la gestion des notes, la rédaction de documents pédagogiques pour la classe ou encore la correction d’évaluations constituent des tâches administratives interdites pour un AESH. Toute implication dans l’organisation administrative ou logistique de la classe dépasse le cadre du soutien personnalisé défini par la loi.
Refuser ces tâches protège le statut professionnel de l’AESH, évitant la confusion avec les fonctions d’assistant administratif, de secrétaire scolaire ou d’enseignant.
Encadrement des élèves et remplacement temporaire d’enseignant
Remplacer un enseignant absent, gérer un groupe d’élèves de façon autonome ou prendre des décisions disciplinaires sont des prérogatives totalement exclues du champ d’intervention AESH. Le remplacement d’enseignant, sous quelque forme que ce soit, fait partie intégrante des missions interdites.
Les actes d’autorité relevant de la discipline ou de la pédagogie relèvent exclusivement du personnel titulaire et formé à cette fin. L’AESH doit impérativement refuser toute sollicitation incompatible avec ces principes fondamentaux.
- Remplacement d’enseignant : mission interdite formellement
- Encadrement autonome de groupe d’élèves : exclusion totale
- Distribution/remboursement de médicaments : extérieur au cadre légal AESH
- Gestion des absences/retards collectifs : hors champs des missions autorisées
Tableau comparatif des tâches autorisées/interdites pour les AESH
| Tâches | Autorisé | Interdit |
|---|---|---|
| Accompagnement individuel pour les apprentissages | ✔️ | |
| Aide à l’installation matérielle (livres, matériel spécifique) | ✔️ | |
| Administration de médicaments / soins médicaux | ❌ | |
| Surveillance de la classe/recréation sans enseignant | ❌ | |
| Encadrement autonome de sorties scolaires | ❌ | |
| Tâches administratives générales (notes, fiches élève, organisation) | ❌ | |
| Remplacement ponctuel de l’enseignant | ❌ | |
| Participation à l’évaluation scolaire | ❌ | |
| Communication facilitée avec l’équipe enseignante | ✔️ |
Risques et sanctions en cas de non-respect des limitations
Le non-respect du cadre légal et réglementaire expose l’AESH à divers risques professionnels. Les procédures disciplinaires constituent la première menace concrète, surtout si une intervention non autorisée entraîne un préjudice pour l’élève ou l’établissement. En outre, la responsabilité civile et pénale de l’AESH peut être engagée en cas d’accident ou d’acte médical inapproprié.
Il convient de rappeler que les assurances professionnelles excluent fréquemment la couverture des actes réalisés en dehors du mandat officiel. Cela renforce la nécessité absolue de rester dans le cadre de ses attributions et de refuser toute tâche non conforme à la circulaire n°2017-084.
Quels recours en cas de pression sur les missions ?
Si un supérieur hiérarchique ou un enseignant insiste pour confier à un AESH une tâche interdite, il existe des leviers formels pour contester. Un signalement écrit auprès du référent AESH, du chef d’établissement ou de la cellule académique départementale constitue une démarche reconnue et efficace.
De nombreux syndicats proposent également une assistance juridique permettant d’analyser la conformité des missions confiées. Cela s’avère particulièrement utile lorsque la frontière des missions interdites est franchie ou assimilée à une forme de harcèlement professionnel.
Préconisations face aux demandes hors périmètre
Pour faire face à une demande hors mission, il est conseillé de verbaliser poliment son refus puis de s’appuyer sur les textes de référence, tels que la circulaire n°2017-084. Des modèles de lettre de signalement existent et permettent de rappeler, dans le dialogue institutionnel, la limite du périmètre d’intervention.
Documenter chaque situation problématique apporte une valeur ajoutée lors d’éventuels contrôles administratifs ou contentieux futurs. Cela contribue aussi à éviter la banalisation progressive des infractions aux missions interdites dans la pratique quotidienne.
Questions courantes sur les limites d’intervention des AESH
Quels soins médicaux un AESH peut-il réaliser sans contrevenir à la loi ?
Un AESH n'a aucune habilitation légale pour effectuer des soins médicaux ou dispenser des médicaments, qu'ils soient prescrits ou non. Même en cas de demande expresse de l’école ou des familles, ces gestes sont réservés exclusivement au personnel sanitaire qualifié.
- Surveiller un traitement pendant l’accueil : interdit
- Prendre l’initiative d’administrer un soin d’urgence : interdit
- Appeler les secours et signaler : autorisé
| Gestes autorisés | Gestes interdits |
| Soutenir moralement lors d’un malaise | Mesurer une glycémie, administrer insuline |
| Alerter les secours | Effectuer une aspiration naso-pharyngée |
Un AESH peut-il surveiller une classe seule ou remplacer un enseignant absent ?
L’AESH n’est pas habilité à surveiller seul un groupe d’élèves ni à remplacer un membre du personnel enseignant, même temporairement. Ces tâches relèvent de responsabilités professionnelles et juridiques distinctes, qui dépassent le cadre légal et réglementaire de l’accompagnement individualisé.
- Remplacement lors d’une absence : mission interdite
- Prise en charge autonome d’activités collectives : non autorisée
- Présence en accompagnement de l’élève alloué : permis
| Mission | Statut |
| Surveillance en classe entière | Non autorisé |
| Accompagnement de l’élève handicapé | Autorisé |
Un AESH peut-il participer à la notation, à la préparation des cours ou à l'évaluation des élèves ?
Non, l'AESH n'a aucune compétence pour intervenir dans l’évaluation, la notation ou la conception pédagogique globale de la classe. Rédiger, corriger ou noter des évaluations, préparer des séquences ou distribuer des notes font partie des prérogatives exclusives de l’enseignant. L’aide de l’AESH doit rester limitée à l’accompagnement individualisé de l’élève, notamment pour lui permettre d’accéder aux consignes, d’adapter les supports sous la direction de l’enseignant, ou d’assurer une médiation sur la compréhension, toujours sous contrôle pédagogique.
- Correction des copies et examens : strictement interdit
- Notation officielle : non autorisée
- Explication ou reformulation sur instruction de l’enseignant : autorisé
| Tâche | Autorisé | Interdit |
| Adapter une consigne pour l’élève accompagné | Oui | Non |
| Participer à la note finale | Non | Oui |
| Photocopier un support adapté à la demande de l’enseignant | Oui | Non |





0 commentaires